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Jazz magazine – le 8 juin 2018 – MEUDON, FESTIVAL QUI VA PIANO : ANDY EMLER et PASCAL AMOYEL | Archimusic

Jazz magazine - le 8 juin 2018 - MEUDON, FESTIVAL QUI VA PIANO : ANDY EMLER et PASCAL AMOYEL

Jazz magazine – le 8 juin 2018 – MEUDON, FESTIVAL QUI VA PIANO : ANDY EMLER et PASCAL AMOYEL

par Xavier Prévost

‘Chi va piano va sano, e va lontano’, mais la Boutique du Val à Meudon va vite en besogne, prévoyant 4 doubles soirées de piano du 7 au 10 juin 2018. Voici un écho du premier jour.

Capture d’écran 2018-06-08 à 15.57.30Le jeudi 7 juin, bravant la grève SNCF qui rendait tout déplacement aléatoire, l’inconscient chroniqueur s’évadait de sa banlieue Est pour goûter le fruit défendu : un concert qui joue la carte classique versus jazz. C’est décalé, transversal et transgressif (je révoque l’odieux disruptif, familier de la novlangue élyséenne, mais peu compatible avec notre beau langage…..). C’est surtout fécond, et pourvoyeur d’un très beau moment de musique.

Pascal Amoyel, Andy Emler (piano).

Meudon, La Boutique du Val, 7 juin 2108, 19h

La Boutique du Val, c’est le cœur d’Archimusic, association et orchestre du saxophoniste Jean-Rémy Guédon : «Archimusic, explique-t-il, est un ensemble de 8 musiciens qui sévit depuis 25 ans sans pianiste. Rongés par la culpabilité on se rattrape en 4 soirées de piano. Le principe est simple : tous les soirs un set de classique et un set de jazz».

Le lieu est intime (une cinquantaine de places au maximum), la participation se fait non ‘au chapeau’ mais ‘à la galoche’ (on est dans une ancienne cordonnerie !), et en fin de concert chacun versera dans un énorme croquenot rouge une contribution à l’aune de son plaisir réptrospectif. Et dans ce lieu confidentiel, pour ce festival, on accueille des personnalités de premier plan, qui sont aussi, et d’abord, des amis : Pascal Amoyel est un concertiste classique réputé, comblé de prix et d’honneurs, et qui a publié de nombreux disques (Chopin, Liszt, Scriabine, Schubert…., mais aussi le très méconnu Charles-Valentin Alkan, grand virtuose du romantisme français) ; et l’on ne présente plus aux jazzophiles Andy Emler, pilier de la génération décisive qui émergea au tout début des années 80.

Capture d’écran 2018-06-08 à 15.58.28C’est Pascal Amoyel qui ouvre la soirée : d’abord deux Préludes de Bach revus par Busoni, puis Liszt, compositeur-fétiche pour l’interprète. Dans Bach il est très analytique, mettant en relief les articulations déjà soulignées par l’arrangement du compositeur-pianiste italien. Dans Liszt l’expression se libère, jusq’aux explosions paroxystiques, et pourtant la fine restitution des détails, servie par une dynamique d’une incroyable largeur, est constamment présente. Le piano est allemand, amicalement prêté par l’importateur. Dans la Vallée d’Obermann, comme dansFunérailles, ou dans les deux Légendes , le pianiste soigne le contraste et combine très subtilement les couleurs, les ressorts musicaux et l’explosive dramaturgie. C’est un pur régal, et l’assistance est conquise.

Vient le temps d’écouter Andy Emler. Il a choisi de vagabonder autour de Ravel, et des pièces qu’il avait composées pour le spectacle théâtral adapté du livre de Jean Echenoz (musique qui avait valu au pianiste-compositeur et improvisateur le Prix du Syndicat de la critique théâtre, musique et danse). Il joue et se joue de Ravel, mêlant citations du compositeur, fragments des compositions à la manière du Maître, improvisations débridées, le tout avec une distance ironique et affectueuse tout à la fois. Andy se livre totalement, comme il aime à le faire chaque fois qu’il joue. Les deux pianistes nous aurons donné l’exacte mesure de l’immersion totale en musique. Et pour conclure, ils nous ont offert un quatre mains improvisé, avec Andy dans les basses et le bas médium, d’abord directement dans les cordes, puis au clavier, et Pascal dans le haut médium et l’aigu : joyeux, amical et jubilatoire ! Belle soirée qui augure bien des suivantes : ce soir et les deux jours suivants, à l’instant où j’écris ces lignes (voir ci-après).

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